AqME
En l'honneur de Jupiter – 2009, nouveau line up, nouvel album. Vous pensiez connaître AqME ?
Tout commence par une simple petite annonce passée dans un magazine
metal en avril 1996 et une première rencontre entre un batteur et un
gratteux devant la Loco dans le 18e arrondissement parisien. Etienne
est à fond sur Machine Head, Suicidal Tendencies et Pantera. Ben, lui,
est plutôt porté sur Nirvana et les Smashing Pumpkins. Pas vraiment la
même école... 11 ans plus tard, ces deux-là ne se sont pourtant
toujours pas lâchés. Réunis tout d’abord dans Neurosyndrom autour d’un
pacte de son mêlant les débuts de KoRn avec le
Roots
de Sepultura, Etienne et Ben intègrent Thomas au chant à
l’aube de l’année 1999. Neurosyndrom rend
l’âme, AqME est né.
Moins d’un an plus tard, le EP 5 titres
University Of Nowhere
déboule dans les bacs et permet à AqME de faire ses armes scéniques aux
côtés de Pleymo et Enhancer. A cette époque, l’effet Team Nowhere joue
à plein, les salles se remplissent peu à peu et le line-up se stabilise
dans la foulée avec le départ de Sofy et l’arrivée de Charlotte à la
basse en octobre 2000.
L’histoire est alors
plus que jamais en marche…. Direction plein nord, puisque c’est à
Uppsala, en Suède, que le groupe va enregistrer
Sombres efforts
durant l’été 2001. AqME n’a alors pas de label, mais se donne pourtant
les moyens de ses ambitions en partant à ses frais à la rencontre de
Daniel Bergstrand (Meshuggah, Strapping Young Lad ou In Flames), leur
référence en matière de production. Une hérésie déjà, mais un choix qui
s’avère vite payant puisque la formation revient avec un premier album
lourd, intense et doté d’une identité forte.
Les retombées ne se font pas attendre avec une année 2002 chargée : une
signature sur le label At(h)ome en janvier 2002, des concerts avec Mass
Hysteria, Lofofora et Watcha et la sortie du disque en septembre. Entré
directement à la 48e place du top album,
Sombres efforts pose les bases avec un son jamais entendu en France jusqu’alors, tandis que le titre
« Si » n’existe pas
sonne le ralliement d’une génération entière qui suivra le groupe sur
la route de janvier à octobre 2003. Une tournée en tête d’affiche de
près de 100 dates qui passera par Le printemps de Bourges, le Dour
Festival, les Eurockéennes et le X Festival monté par Nicola Sirkis
d’Indochine. De ces années-là, AqME gardera une foule de souvenirs : de
galères, de bonheurs aussi –beaucoup-, mais également un principe qui
fait toute leur force. Ne jamais faire de concessions et aller au bout
de ses envies.
La suite n’attendra pas et ne fera que confirmer. Les 4 repartent en studio sans souffler et lâchent
Polaroïds & Pornographie
en avril 2004. Un brûlot encore plus énervé que le précédent qui les
portera un peu plus haut –avec notamment une entrée à la 16e position
du top album- et les révèlera définitivement comme l’une des meilleures
formations scéniques du rock français.
A
contre courant des tendances qui poussent alors les groupes metal à
incruster plus de chant et de mélodie dans leur musique, AqME conserve
sa rage et sa mélancolie sans tomber dans les clichés.
L’apogée (ou l’acmé) n’est plus très loin.
La fin des temps
en octobre 2005 marque un tournant en même temps qu’une nouvelle
ascension. Enregistré en France avec Steve Prestage, cet opus dissipe
un malentendu et est totalement en phase avec le discours qu’a toujours
tenu Thomas, Etienne, Ben et Charlotte ; AqME ne joue pas dans la cour
metal, il vit avant tout pour le Rock : de Led Zeppelin à Nirvana, de
Black Sabbath aux Queens Of The Stone Age et bien plus loin encore.
Passionné, ouvert, sincère, le quatuor ne se fixe jamais de limites et
ose toujours plus. Comme avec
Aujourd’hui je pleure, un duo
offert à Indochine et interprété avec eux en studio et sur scène, quand
les dates des 2 groupes le permettent. En fin de tournée et quelques
jours après la sortie du CD/DVD
Live(s), c’est finalement un
Olympia sold out qui les accueille le 21 octobre 2006 pour l’apothéose
d’un parcours sans faute à défaut d’être sans risque.
En 2007, une période de respiration s’impose tant les gars (et la
fille) ont été à fond depuis leur début, mais cette pause ne sera pas
franchement synonyme de silence. Après Etienne qui s’était fait
remarqué dès fin 2006 avec Grymt, son projet grindcore, Thomas se
tournait vers plus de douceur avec Vicki Vale qui sortira son album le
17 mars, tandis que Ben en a profité pour monter Die On Monday avec
Toni d’Enhancer. AqME était en marge, mais jamais très loin. Dès mars,
le travail de composition a repris et en juin 12 titres se sont
dégagés. 3 mois plus tard, l’équipe s’envole pour Uppsala. Retour aux
sources avec Bergstrand, le gourou suédois. Mais aussi remise à plat de
leur histoire commune, car le but n’est pas de refaire ce qui a déjà
été fait.
En 2008, AqME revient ainsi plus fort avec
Hérésie. Un 4e album sévèrement burné, plus rageur et vindicatif que jamais (
Uniformes,
Lourd sacrifice,
Casser/Détruire),
gravement oppressant mais pourtant toujours aussi addictif. En 7 ans,
les parisiens ont forgé un style unique et reconnaissable entre mille.
Pas question d’y revenir. Le mal de vivre (
Les enfers, En saga Om Livet), les tortures sentimentales (
Romance mathématique),
la fureur et la mélancolie, tout est là. Une évolution sans révolution,
mais avec cette volonté d’avancer bien accrochée aux tripes. AqME
marque ici au fer rouge un son et une identité toujours aussi à part.
Une empreinte qui a déjà indéniablement marqué le rock français.
2008 marque aussi la fin d'une époque. Les chemins de Ben et de AqME se
séparent. Quasi immédiatement un nouveau guitariste fait l'unamitié
auprès de Charlotte, Etienne et Thomas : Julien Hekking guitariste de
Lazy et (déjà) de Grymt. Fort de ce nouveau line up et d'une énergie
renouvelée, le combo compose rapidement un nouvel album et repart
enregistrer avec Daniel Bergstrand.
En l'honneur de Jupiter sortira le 19 octobre 2009.